Arête Sud du Purtscheller par Alexia Zuberer et Sylvie Ferragu
Orientation : Sud-est
Difficulté : D, 5b max
Longueur : 6 longueurs
Horaire : compter 3 heures pour l’escalade, 2 heures pour l’approche et 3 pour le retour jusqu’au télésiège.
Matériel : crampons, piolet, chaussons, corde pour rappel de 50 mètres, assortiment de sangles + mousquetons, 6 dégaines, coinceurs et friends du n° 1 à 3, casque.
Première : en 1943, par R.Aubert, R. Dittert et F. Marullaz
Entre France et Suisse se dresse l’Aiguille Purtscheller, un satellite de l’Aiguille du Tour. Pour cette raison sans doute, est-elle souvent oubliée des alpinistes.
Plantée sur le vaste plateau du Trient où la lumière a la part belle, grimper sur la classique arête sud promet une vue très ouverte sur les Aiguilles Dorées, le Cervin, le Grand Combin, le Chardonnet, la face nord de l’Aiguille d’Argentière et le Mont blanc…nulle trace d’austérité ici.
Juste le plaisir, mais où la technique, dans ce registre de difficulté, n’a jamais dit son dernier mot…l’escalade n’est pas très longue, et on peut prendre son temps pour goûter à ce beau granit, tout en savourant sa solitude !
Mais sous ces allures de sortie contemplative, on ne s’ennuiera pourtant pas, car les cotations débonnaires cachent quelques surprises dont les fissures et les cheminées du massif ont le secret…
Approche : En partant du refuge Albert 1er, suivre un chemin jalonné de cairns qui part vers l’est. Au bout d’une vingtaine de minutes, on prend pied sur le glacier du Tour. Passer au nord du Signal Reilly. Remonter la combe orientée vers le sud-est par une pente plus raide.
Puis après avoir dépassé le pied de l’arête ouest issue de la Purtscheller monter plein est, afin de passer le col supérieur du Tour, entre neige et rochers faciles (3289 m). Presque tout de suite après l’avoir passé, on peut attaquer directement l’arête sud, l’intégrale, qui est beaucoup plus longue. Sinon, pour la classique, repérer une brèche en V.

Escalade : L1 : cela commence dans des rochers brisés, faciles. Rapidement on se retrouve au pied d’une belle fissure. 5a, puis 5b, (pitons) mais technique. Sortir en traversant à droite, avant d’atteindre la cordelette qui pend d’un bloc où la fissure devient encore plus raide, dans une dalle, puis sur une terrasse.
L2 : traverser vers la droite sur une petite vire, versant Trient et grimper le petit mur qui suit (4b).L3 : une traversée plus délicate vers la droite (1 point) versant Trient, mène à une terrasse encombrée de blocs, par un court dièdre déversant (4, puis 4c). Rejoindre une vire très confortable versant Trient, en désescaladant 5 mètres en 4b.
Longer cette vire pendant 30 m, jusqu’au pied d’une cheminée avec des feuillets. L4 : attaquer par ces feuillets (4c, mais athlétique), par une escalade extérieure, puis on se retrouve dans une cheminée avec des blocs coincés. 1 piton sous le bloc coincé (sale temps pour les petits, la cotation laisse rêveur…tenter un lancer de sangle et dans un style très « ramonage », franchir ce bloc. Relais sur un gros bloc qui bouche la cheminée.
L5 : poursuivre au bord de cette même cheminée, sur le fil d’un rocher parcouru de fissures, rocher moyen, aérien, mais facile (3b, 3c). Redescendre un peu derrière la cheminée, relais dans des blocs. L6 : grimper un premier mur par des écailles, on sort sur une petite terrasse qui offre une vue dégagée, puis franchir un dernier dièdre qui donne accès au sommet (4c).
Descente : Traverser un peu vers le prochain relais, visible, qui permet d’installer le rappel. Si on dispose d’un rappel de 50 m, on peut descendre en deux rappels : alors ne pas tenir compte du relais en contrebas à gauche (en regardant vers le bas), mais aller directement au suivant, pas aussi décalé. De là, directement jusqu’à la neige.
De là, faire le tour de l’Aiguille pour revenir vers le point de départ, si, comme nous, vous avez choisi de laisser un sac au pied, pour plus d’aisance dans la voie. (La cheminée avec le sac à dos, c’est pas super…).
Topos :
« Sommets du Mont Blanc » Jean-Louis Laroche et Florence Lelong, Glénat
« 6a Max » Philippe Brass et Guillaume Vallotn Oros
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