Alpinisme
Escalade
20.04.2017

Face Nord des Drus: sur la Voie des Guides

Le Caporal-chef Sébastien Ratel et Jérôme Para du GMHM profitent d’un beau créneau météo pour grimper la fameuse « Voie des Guides ». En 2 jours, ils remontent cette ligne historique mais finalement très d’actualité. Récit.
«Ce qui me plait en alpinisme, c’est l’aventure »
 
 
 

 

 
C'est ce que nous confie Seb Ratel. Derrière ce gros mot facilement utilisé se cache l’incertitude. L’incertitude de trouver la voie, de la réussir…
 

Ouvrir une nouvelle voie reste le must qui regroupe tout cela. Aujourd’hui dans les Alpes peu de voies logiques restent à découvrir. Par contre de nombreuses lignes restent très sauvages. Souvent conservées au frais, elles gardent toutes leur saveur et leur caractère.

 

Aux Drus certaines sont bouchonnées, le temps les a rongées, de gros éboulements les ont ravagées.

 

« La voie des guides » est un des grands crus dont on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Personne dans l’entourage du GMHM ne l’a goutée.  La surprise demeure.

 

Lundi 13 Mars, Seb Ratel et Jérome Para partent dormir au sommet des Grands Montets. Le temps est magnifique, seul un petit vent rappelle que l’hiver est encore là.

 

Au petit matin du 14, ils attaquent à la lueur de leurs frontales. L’itinéraire de départ est facile à trouver car il est commun avec la voie Leseur. Vers 8h, départ pour l’inconnu. L’escalade est raide, le rocher moyen. Un piton indique qu’ils sont dans la voie. Pile 50 années après il est toujours là, le temps à fait son travail, sa couleur a changé, mais il tient. Ils poursuivent les longueurs d’artificiel à pitons qui laissent place aujourd’hui à de la magnifique grimpe en dry tooling. Cette technique d’escalade leur permet de gagner du temps tout en se fatigant bien les bras… Ils esayent de déguster proprement cette voie. Ils veulent la parcourir en libre, sans tirer aux points.

 

Bivouac à la niche, lieu mythique des Drus. Au-dessus d’eux tout est surplomb et dévers. Un dièdre caché est censé être leur échappatoire. 

 

Mercredi au lever du jour, ils sont au pied de celui-ci. La ligne est toujours magnifique, Seb et Jérôme s’efforcent d’être à la hauteur. Ils coincent leurs lames de piolets pour grimper, la fatigue commence à réclamer son dû. Enfin ils arrivent au pied des dernières difficultés. L’itinéraire devient plus compliqué. Ils trouvent le pendule qui à l’époque avait été la clé de l’ascension. Ils s’y accrochent, mais ils ne feront pas mieux ici qu’il y a un demi-siècle. La fin est toujours soutenue. Pour terminer leur dégustation ils y ajoutent un peu d’édulcorant : ils feront encore quelques pas d’artif. En fin de journée apparait l’autre versant. La descente par le couloir Nord permet d’apprécier tout le gouleyant de ce cru ancien qui reste bien d’actualité avec un corps toujours bien conservé.

 

Merci à Seb Ratel pour son récit. 

 

 

 

 

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