04.12.2015

Ski Trip: Alaskan Couloirs

MeltingSpot, Association de grands amoureux de glisse à travers le monde, est partie en Alaska découvrir de nouveaux couloirs, dans la bonne humeur pour découvrir ces flocons d’Amérique du Nord.
 
"J’ouvre les yeux après les avoir fermés quelques secondes comme pour me réveiller une nouvelle fois ou pour tout simplement m’assurer que je suis bien éveillé
J’en ai rêvé si souvent que la réalité de ce moment pourrait se confondre avec des brides de songes survenus au cours de ces nombreuses nuits où mon esprit trouvait refuge sur une pente alaskaïenne.
Je suis maintenant debout, l’hélicoptère a disparu en contre bas dans un  vrombissement rauque tout juste sorti de son bi-turbine, je respire et tous mes sens sont en alerte."
L'Alaska c'est un peu les colonies de vacances à la neige mais façon Meltingspot, cela donne ceci: Ça commence dans le cargo omnibus Seattle-Cordova d'Alaska Airways.

 

Il y a les nouveaux pour qui c'est la réalisation d'un rêve qui prend forme: descendre des pentes fortes dans une relative sécurité sans la crainte que la montagne "s'effondre sous vos skis" à chaque virage. J'ai toujours été fascine par les pentes fortes depuis les 1ères vidéos de Sylvain Saudan, le skieur de l'impossible descendant la face de l'Eiger (ce fut une sacrée performance a cette époque, il y a déjà 45 ans !).

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«L'Alaska est donc le lieu idéal pour réaliser mes rêves d'enfant.»

 

 

 

"J’entends la neige crisser sous la semelle de mes chaussures de ski, je sens l’odeur froide et sèche d’un air pur, mon regard parcourt doucement les environs et chaque contraste m’apparait si net.
Je domine depuis cet éperon rocheux le Chugach et je ne vois autour de moi que des cîmes enneigées découpant dans le ciel des pointes acérées donnant naissance en contre bas, à autant de couloirs raides et engagés qui dessinent ainsi d’innombrables voies menant au glacier.
Chacun d’eux semblent uniques, et chargés d’une mission.
Ils sont comme des chemins tracés par des divinités et offerts aux hommes pour leur permettre, l’espace d’un instant, de se situer entre les cieux et la terre.
Je suis, à cet instant, l’un de ces hommes et je jouis d’une sorte de plaisir suspendu dans l’espace et dans le temps."
«Il faut savoir lire la ligne de pente comme on apprend une partition avant de la jouer.»
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"Je pense soudainement à des choses beaucoup plus rationnelles, je me surprends à évoquer des notions physiques, je réfléchis gravité, je me mets à calculer le couloir en terme de degré et d’angle de pente.
Et puis je commence a fantasmer les prochains instants.
D’où je suis, au dessus de cette énorme corniche meringuée, je ne discerne pas l’entrée du couloir.
Hier soir au lodge je l’étudiais encore depuis une photo aérienne et j’échangeais des propos à son sujet avec mes potes skieurs.
Maintenant je dois me souvenir de sa topographie, du dessin, des formes exacerbées de ce cette voie enneigée qui va me permettre, dans un moment d’extase, de rallier le ciel à la terre.
«La concentration se lit dans les regards de chacun des skieurs autour de moi.»

 

"Je les imagine mentaliser leur run, vaincre leur peur du vide pour accepter d’enclencher les trois premiers virages dans la poudreuse, accepter la pente, laisser couler le sluff, le regarder prendre de la vitesse, laisser son organisme sécréter ses hormones et attendre les premières décharges d’endorphine et d’adrénaline pour prendre plus de vitesse et se diriger droit dans les entrailles de la montagne.
Sous l’effet de l’adrénaline, le champs de vision se rétrécie brusquement, il faut passer de la lumière à l’ombre, pénétrer dans ce couloir où la roche se referme sur soi.
La sensation de vitesse s’accroit au fur et à mesure que je m’enfonce dans cette voie.
Les bruits rebondissent de part et d’autre autour de moi sur les paroies du couloir et me reviennent comme autant d’informations que je peux analyser pour tenter de maîtriser chaque aspect de mon run, comprendre les différentes structures de neige qui se présentent sous mes skis, écouter et ressentir la vitesse, chercher loin du regard et calquer ma respiration sur mon effort.
Tout devient alors une sorte d’alchimie où la magie d’un endroit se mêle à l’extase d’un moment pour que tout devienne et reste un des plus beaux souvenirs de ski qu’un homme puisse avoir. "

 

«. L' humilité doit être de mise.»

Le charisme de Presi-Jean permet de rassembler et fédérer cette bande cosmopolite de joyeux drilles sous une même philosophie: la poudre, le raide et l'ambiance bon enfant. Ce mélange d'excitation et de tension va monter peu à peu au fur et à mesure que le 1er envol en hélico se rapproche. Le fait d'être en petit groupe (4 skieurs plus le guide) permet à chacun d'ouvrir un run, d'autant plus que nous partons un par un. Personnellement, ceci me plait car cela me rapproche (à mon niveau) de ces skieurs de l'extrême. Sentir cette poussée d'adrénaline avant de s'élancer dans la pente tout en maitrisant ses émotions est une sensation que j'aime éprouver. Il faut être sur de soi et de ses possibilités mais ne jamais oublier que nous sommes dans un univers de "haute montagne" avec ses risques inhérents.

 

 

"Le départ d'un run est toujours posé, les virages sont court et précis. Puis au fur et à mesure que le couloir s'ouvre, la vitesse s'accélère, les courbes sont plus larges. C'est comme une libération. Une fois arrivé en bas, on n'a plus qu'à se retourner pour contempler son œuvre !"

Si les 1ers runs permettent de s'acclimater tranquillement au relief, c'est surtout une façon pour le guide de nous jauger, d'où l'importance d'être attentifs à ses recommandations afin de gagner sa confiance qui est absolument essentielle pour la réussite de notre séjour. Ensuite, on rentre vite dans le vif du sujet: du raide et encore du raide !

On ressent tous cette pointe de stress si bénéfique avant le 1er virage car elle nous oblige à maitriser nos émotions pour se concentrer sur notre descente que nous voulons la plus fluide possible. Il s'agit de faire corps avec nos skis et la pente. Il ne faut pas chercher à dompter celle-ci (elle sera toujours plus forte que vous,) mais à se fondre en elle pour qu'elle vous accepte et alors peut-être atteindrez-vous le nirvana.
 

 

Il n'y aura alors qu'à regarder le visage de chacun au retour à la base après une intense journée de runs tous plus beaux les uns que les autres, le sourire remontant jusqu'aux oreilles.

Mais si le ski de pente raide est l'objet de notre venue, l'après-ski et ses à-côtés sont presque aussi importants chez Meltingspot:

  •  - le traditionnel apéro avant le repas du soir (c'est le "liquor store" du coin qui est content quand on vient faire le plein)
  •  - l'ambiance "roots" du réfectoire qui colle bien avec l'esprit de Meltingspot
  •  - les descentes à l'Alaskan bar avec les défis au curling, prétextes aux tournées à rallonge
  •  - la réunion da la tribu autour d'un feu de joie pour implorer la clémence des cieux et nous autoriser à voler le lendemain
  •  - la soirée gastronomique "king crab" pour fêter en apothéose la fin séjour

Enfin pour finir, chez Meltingspot on ne dit pas "merci maman, merci papa" mais "merci Presi-Jean, tous les ans, je voudrais que ça r'commence" !