Découvrez Millet
Les conseillers techniques de légende en vidéo
Le conseiller, à travers son professionnalisme et sa pratique inégalable du terrain, apporte des remarques et critiques constructives sur les produits qu'il utilise. Il teste les prototypes et les produits finalisés. Si Louis Lachenal fut le premier conseiller en développement, la véritable histoire des conseillers techniques Millet débute avec Walter Bonatti. Pendant des décennies, Millet a su s'entourer des plus grands noms : alpinisme, escalade ou ski freeride, Millet a affirmé son caractère aux côtés de son team.
- L. Lachenal
- M. Herzog
- W. Bonatti
- R. Desmaison
Louis Lachenal
Alpiniste français. Né le 17 Juillet 1921 à Annecy, Haute Savoie. Il meurt accidentellement le 25 Novembre 1955 en tombant dans une crevasse, lors d'une descente à skis de la Vallée Blanche à Chamonix.
Louis Lachenal fut le premier conseiller en développement pour Millet. Une expérience précieuse...
« …Annecy, France, 1950. Dans les locaux modestes de l’entreprise Millet aux Marquisats, René et Raymond Millet serrent encore une fois - dans un au revoir chaleureux-, la main de Louis Lachenal. L’alpiniste, déjà célèbre pour ses exploits dans le massif du Mont-Blanc, est venu cherché l’échantillon conforme du premier sac à dos d’alpinisme, mis au point par Millet, grâce à sa collaboration. Initié dès 1946, cette collaboration s’enrichissait des idée avant-gardiste de Lachenal. L’aboutissement de plusieurs prototypes était enfin prêt : Volume 50 L, Fabrication renforcée - à l’époque en coton-, armature de portage, poches pratiques, sangles porte-materiel… Les composants avaient été rigoureusement sélectionnés, la construction réfléchie et des essais concluant avaient été effectué par Louis à Chamonix. En le regardant s’éloigner ce matin-là, les frères Millet avaient la certitude que le sort en était jeté : Un sac à dos Millet s’apprêtait aussi à gravir le toit du monde !
L’éthique du Montagnard, La Passion du Guide, La Gestuelle Technique du Rochassier.
Louis Lachenal et Lionel Terray : une cordée légendaire.
1945. Face Nord des Droites et face Est du Moine dans le massif du Mont Blanc.
1946. Quatrième ascension, par la voie Cassin, de l’éperon Walker aux Grandes Jorasses.
1947. Seconde ascension, par la voie Heckmair originale, de la face nord de l’Eiger, le must de l’engagement à l’époque.
3 Juin 1950 : Annapurna, 1er 8000m.
Louis Lachenal compose avec Maurice Herzog la célèbre cordée, première au monde sur un sommet de plus de huit mille mètres.
Extrait de son journal de l'Annapurna : «…Samedi 3 juin 1950... Un couloir nous mène vers quelque chose qui, d'où nous sommes, nous paraît un sommet. Nous nous y élevons. Le sommet du couloir n'est qu'une sorte de selle d'où part, vers la gauche, une sorte d'arête qui encore une fois nous paraît mener au sommet. Que c'est long ! Enfin nous y sommes. Une arête de neige ourlée de corniches avec trois sommets, l'un plus haut que les autres. C'est le sommet de l'Annapurna. En dessous versant Nord une banquette de rochers nous reçoit pour que nous fassions les quelques photos officielles que nous avons à faire... »
Lors de cette expédition, Louis Lachenal a les pieds gelés et doit être amputé. Un drame qui marque pour lui la fin de l’alpinisme de très niveau. Extrait de son ouvrage Carnets du vertige: « …nous étions dans le train et le Dr Oudot allait me quitter pour faire le détour de Kathmandu. Aussi opérait-il en série…Entre les gares je défais les pansements, aux arrêts Oudot s'empare de ses ciseaux et de ses pinces. Ainsi pour moi, avant Goratpur, deux de mes orteils tombent au pied droit. A l'arrêt, trois au pied droit... ».
De 1950 à 1955 : l'après Annapurna. Soigné à la Clinique Vaugirard à Paris, Louis reçu la Légion d'Honneur, avant son retour à Chamonix. Ensuite il reprendra la montagne s’ouvrant aussi à d’autres passions, d’autres entreprises : pilotage automobile, conférences -jusqu'au Congo belge-, direction de l'équipe de France de ski -descente et slalom...
Louis Lachenal laisse son nom à un couloir de ski hors-piste à Chamonix. Et surtout, située près du lieu de sa mort, à une pointe de granit ensoleillée que Gaston Rebuffat, en hommage à son ami, décrit ainsi dans Les 100 plus Belles Courses: «…C’est la pointe 3613, appelée Lachenal en hommage au grimpeur et au guide exceptionnel qu’il était…On part vers cette paroi pour le plaisir de grimper, situé dans un cadre grandiose, elle a la silhouette élégante et souple due à la pureté de ses lignes… »
Bibliographie
L . Lachenal, Carnets du vertige: édité initialement en 1956 à partir des notes de Louis Lachenal, mises en forme par Gérard Herzog.| L . Terray, Les Conquérants de l'inutile: Gallimard, 1961
Maurice Herzog
Alpiniste et homme politique français. Né à Lyon, le 15 janvier 1919, il a aujourd’hui 93 ans.
L’homme. Maurice Herzog fut le premier homme à gravir avec Louis Lachenal, au cours d’une expédition française, un sommet de plus de 8 000 mètres, l'Annapurna, le 3 juin 1950. Equipé par des sacs à dos Millet, cet exploit fut largement popularisé en France par la Une de Paris Match, le film « Victoire sur l'Annapurna » de Marcel Ichac et le livre « Annapurna premier 8000 » de Maurice Herzog dans lequel il retrace son ascension.
Maurice Herzog fut aussi : Président du CAF (1952 à 1955). Maire de Chamonix (1968-1977). Député du Rhône (1962) puis de Haute-Savoie (1967-1978). Président du Tunnel du Mont-Blanc. Membre de l'Académie des sports et membre du CIO (1970 à 1994). Distingué de la légion d’honneur en 2008, Il vit aujourd'hui à Neuilly-sur-Seine.
Annapurna 1950... 1er 8000.
L’exploit. L'Annapurna, 8091m, est le premier sommet de plus de 8 000 mètres à avoir été gravi par l’homme. Cet exploit reste dans les annales de l'alpinisme, comme le seul 8 000 à avoir été gravi dès la première tentative. Cette montagne est encore à ce jour la plus dangereuse d’Himalaya, avec un taux de mortalité très élevé : 1 mort pour 2 ascensions réussies (1 pour 4 au K2, 1 pour 9 à L’Everest) La victoire française à l'Annapurna en 1950 eut un retentissement considérable dans le monde et particulièrement en France. Dépassant largement l’univers de la montagne, ses vainqueurs devinrent de véritables héros nationaux.
L’équipe. Maurice Herzog le chef d’expédition. Les alpinistes Louis Lachenal, Gaston Rébuffat, Lionel Terray, Jean Couzy, Marcel Schatz; le cinéaste Marcel Ichac; le médecin Jacques Oudot et le diplomate officier de liaison Francis de Noyelle.
Le choix de l’objectif. Il s'agissait de la première incursion d'Européens dans le NEPAL central. La première tâche de l'expédition fut d'explorer le terrain et de corriger les cartes existantes. Les Alpinistes passèrent de longues semaines à repérer les sommets, à trouver le moyen d'y accéder et à jauger, sur les différentes faces, les difficultés à surmonter. Des journées entières de reconnaissance furent nécessaires par groupes de deux ou trois, en réalisant au passage des sommets d’acclimatation de 5 000 et 6 000 m. Vient ensuite le choix de l'objectif : Dhaulagiri, un autre sommet inconnu ? Et ce fut l’Annapurna ! Marcel Ichac trouva le chemin d’accès et baptisa cette vallée Hidden Valley.
3 juin 1950, la victoire à tout prix au sommet. Malgré la fatigue et l'absence d'oxygène, Maurice Herzog et Louis Lachenal atteignent le sommet. La divergence éthique entre les 2 hommes – Herzog porté par le pari patriotique du montagnard amateur - et Lachenal investit par la responsabilité de l'Alpiniste professionnel- se cristallise à jamais sur les pentes sommitales.
Voici un extrait de son ouvrage Annapurna Premier 8000 (1951) :
« … Aujourd'hui 3 juin, 6 heures, le jour ultime de notre attaque, but de notre Expédition…nous partons tous les deux, Louis Lachenal et moi… pas de cordes, inutiles, dans ce vaste glacier de la Faucille, très raide, mais sans crevasse… Il fait beau, mais très froid…Pendant que Lachenal se tape les pieds et enlève une chaussure qui le serre un peu, je regarde les montagnes qui nous entourent…Nous dominons tout, hormis le gigantesque Dhaulagiri…Il me semble vivre dans une sorte de monde intérieur…Obligés de nous surmonter sans cesse, j'ai cependant l'impression d'être parfaitement lucide…Nous nous relayons pour faire la trace, la marche à cette altitude est épuisante…Nous voyons l'arête sommitale et distinguons un couloir sur l'extrême droite qui semble mener au sommet…Les heures s'écoulent… j'ai le cœur gonflé, car il semble que la victoire ne peut plus nous échapper…La pente terminale se rapproche comme dans un rêve…Le souvenir de ce qui se passa ensuite s'efface…Je me souviens d'avoir gagné l'arête puis, par une traversée sur la gauche, rejoint notre sommet ! Tous ces efforts, tous ces sacrifices pour gagner cet endroit me paraissaient inconcevables…Lachenal, malgré sa joie qu'il n'extériorise pas beaucoup, veut redescendre tout de suite, car il sent ses pieds geler… deux mètres sous l'arête sommitale, nous prenons quelques photos des drapeaux et des fanions que nous avons apportés et qui nous rappellent notre pays…Ces manœuvres représentent un grand sacrifice…Lachenal part déjà…Un dernier regard vers ce sommet qui sera désormais pour nous tous notre joie, notre gloire, noire consolation .. ».
Le calvaire de la descente. Herzog et Lachenal ont de nombreux doigts et orteils gelés et doivent subir des amputations. Pendant la longue marche de retour, à travers la montagne, la foret et les rizières, dans une course poursuite contre la mousson et au cœur d’un Népal au niveau de vie éloigné de celui des pays occidentaux, les blessés furent portés à dos d'homme. Jacques Oudot, le médecin tenta de les soigner sans aucun moyen hospitalier.
Un phénomène de société porté par une médiatisation extrême. En France, la nouvelle fut annoncée le 26 juin par Le Figaro. Il fallut attendre le 17 juillet, le retour des hommes à Orly, puis le 19 août, le numéro spécial de Paris Match, pour que l’aventure se transforme en épopée. La photo de Lionel Terray portant son compagnon Louis Lachenal dans ses bras, à la descente de l’avion, fit le tour du monde. Au-delà de l'exploit sportif, cette victoire intervint à un moment où la France avait grand besoin de héros. En ces lendemains de guerre, temps troublés et incertains (Corée, Indochine), la France du plan Marshall éleva les alpinistes, protagonistes de cette victoire, au rang de légendes . Le premier reportage de Marcel Ichac dans Paris Match sauva littéralement l'hebdomadaire de la faillite. La photo de Maurice Herzog brandissant le drapeau français sur le sommet de l'Annapurna restera l'une des "Une" les plus célèbres du journal. En janvier 1951, commença une tournée de conférences avec le film de Marcel Ichac, « Victoire sur l’Annapurna ». A la salle Pleyel, plus de 100 000 personnes se presserent aux 40 représentations. En juin 1952, 600 conférences auront eu lieu dans toute la France : Un succès populaire et financier exceptionnel. Au Final, avec la publication en décembre 1951 du livre de Maurice Herzog « Annapurna premier 8 000 », dont le tirage initial (100 000 exemplaires) est épuisé en moins d’un mois, l’album de photos Regards vers l’Annapurna et la série de conférences, 87 millions de francs entrèrent dans les caisses de la Fédération française de la montagne. Le « phénomène Annapurna » porté par sa médiatisation, rentrait parfaitement dans les projets des organismes de la montagne. Grâce aux recettes, le financement de plusieurs expéditions françaises fut possible dans les années qui suivirent.
Walter Bonatti

Alpiniste italien. Né en 1930 à Bergame, Italie. Mort à Rome, le 13 Septembre 2011.
Grimpeur d’exception, talentueux à l’extrême et si fort en montagne. L’histoire de l'alpinisme lui doit assurément ses plus belles pages. Et la montagne, ses plus belles voies.
Il a ainsi dit à leur propos: «...elles (les montagnes) ne seraient qu’un amas de pierres s’il n’y avait pas l’homme pour leur donner vie ».
Walter Bonatti fut le premier conseiller technique Millet. Une grande fierté pour la marque...
«...1959. La rencontre à Courmayeur entre Raymond Millet et Walter Bonatti – l’alpiniste italien légendaire – inaugura l’ère moderne du conseiller technique sous contrat de développement. Et de la Pub… Le Slogan « confiez vos charges à Walter Bonatti » accompagna la sortie des modèles mis au point par l’alpiniste. Mais c’est sur le terrain (encore et toujours) que les sacs prouvèrent leur technicité. Le « Style Bonatti » - efficacité, rapidité, fluidité-, influença fortement la construction des sacs : forme profilée étroite et épurée en accessoires pour mieux grimper, volume étudié en fonction du type de course, travail sur le poids et la résistance… Les codes techniques étaient déjà là ! ».
Sa moisson de premières impose, encore aujourd’hui, le respect des alpinistes du monde entier :
1949 - Eperon Walker aux Grandes Jorasses (4208 m)
1951 - Première de la face Est du Grand Capucin (3838 m)
1953 - Première hivernale de la face Nord de la Cima Ouest di Lavaredo
1954 - Il participe à l'expédition italienne qui réalise la première du K2 (8611 m)
1955 - Première, en solo, du pilier Sud-Ouest du Petit Dru 3733 m (Pilier Bonatti)
1956 - Hivernale de la Brenva (disparition de Vincendon et Henry)
1957 - Première de l'éperon Nord-Est du Pilier d'Angle
1958 - Sommet du Gasherbrum IV ( 7980 m )
1959 - Première au Pilier Rouge du Brouillard
1961 - Tragédie du Pilier Central du Frêney
1962 - Première dans la face Nord du Pilier d'Angle.
1963 - Première hivernale de l'éperon Walker aux Grandes Jorasses
1964 - Première de la pointe Whymper aux Grandes Jorasses ( 4184 m )
1964 - Première de la face Est du Pilier d'Angle
1965 - Premier hivernale solitaire d'une voie directe dans la face Nord du Cervin
1954. L’expédition au K2, la tragédie.«...Répondez ! Vous ne pouvez pas ne pas nous entendre ! Lino ! Achille ! Répondez espèces de salauds ! Aidez-nous ! ». A 21 h 30 ce soir du 30 juillet 1954, la nuit est tombée depuis longtemps sur la pente sommitale de la deuxième montagne du monde qu’entreprend de vaincre l’expédition italienne… »
Pour Walter Bonatti, remporter le K2, c’était graver à tout jamais le courage et la détermination de la Nation dans les livres d’histoire. Pour lui qui a grandi dans le patriotisme exacerbé par deux dictatures, c’était toute la fierté d’un peuple qui reposait sur son engagement et son dévouement. 50 ans après, un procès fleuve et trois livres vérité ne laissent plus aucun doute sur les événements de cette pitoyable victoire, Lacedelli et Compagnoni nient toujours l’impensable : ils ont bien entendu Bonatti cette nuit là. Ils lui ont parlé, à courte distance, et braqué sur la cordée une lampe torche, sans doute pour vérifier la présence de l’oxygène. Puis ils ont tourné les talons, abandonnant les deux hommes à une mort certaine…Bonatti et Madhi ne doivent leur survie dans ce bivouac extrême à 8100m, qu’à la colère qui a réchauffé leur sang. Piégés sans matériel ni protection, ils sont pris dans une véritable tourmente…
1955. De l’escalade en solitaire viendra la lumière. Walter Bonatti fête ses 25 ans dans la déprime. La nation boude sa contribution. Son estime est piétinée, sa confiance trahie. « Il se fit en moi un long travail qui me conduisit à une véritable crise existentielle. L’escalade solitaire sera la lumière de ce tunnel et sa nouvelle construction : Apprendre à se substituer à tous les autres, s’habituer à prendre seul ses décisions, se mesurer à son aune personnelle, payer sur sa propre peau… ». Le Dru sert en premier de théâtre à cette psychanalyse verticale le 19 août 1955 en offrant à son jeune patient la virginité de son vertigineux pilier sud-ouest. Ballotté par la météo, épuisé par cinq jours d’effort solitaire, démoralisé par les pointillés qui viennent rompre la ligne parfaite qu’il a tracé en rêve dans cette paroi, il découvrira qu’il est aussi attaché à la vie qu’accroché à cette cime quand il franchira en plusieurs pendules le nauséeux abîme qui barre sa progression. il puisera son énergie ultime dans l’espoir de dénouer sa crise intérieure et lutter aux limites du possible pour se réconcilier avec lui-même. «…J’ai franchi dans ces pendules la barrière qui me séparait de mon âme… », confiera-t-il à ce pilier qui a pris son nom.
1957: Walter Bonatti s’installe à Chamonix. Il règle leur compte au « derniers problèmes » alpins et aux plus beaux itinéraires du massif du Mont-Blanc. Une véritable boulimie de plaisir et de tragédies comme sait en fabriquer le granit. En juillet 1961, sur le Pilier Central du Freney, il vivra l’épisode de son aveu « le plus dramatique de sa vie ». Les choses ont sans doute commencé à aller de travers au bivouac de la Fourche. Une équipe française est déjà là pour en découdre avec le pilier. Au lieu de deux cordées légères et rapides, ce sont sept hommes qui partiront à l’assaut de cette ultime verticale…Ils y seront pris au piège par la tempête à deux longueurs du sommet, et battront la plus périlleuse et la plus hallucinante retraite qu’ait connu l’histoire de l’alpinisme. Une descente vers l’enfer qui laissera à ses trois survivants (Walter Bonatti, Roberto Gallieni, et Pierre Mazeaud) des cauchemars de précipices, de tempêtes et d’éclairs pour leur vie.
1965. Congé de ses cimes, du haut du Cervin, (4477m). Après un pied de nez qui laisse pantois le petit monde des grandes conquêtes alpines : l’ouverture, en solo hivernal, de la directe face nord. « J’ai décidé d’arrêter l’alpinisme extrême pour rester cohérent avec mes principes, ceux d’un alpinisme pur. J’avais atteint de telles limites que je ne pouvais plus que me répéter », confiera-t-il au magazine Vertical. Walter Bonatti abandonne l'alpinisme extrême pour se consacrer à l'exploration et à l'aventure. Il réalise de nombreux grands reportages pour Epoca. L'Italie lui a attribué la médaille de la Valeur Civile, la France la Légion d'Honneur et les Etats-Unis, le titre de "Géant de l'aventure".
Bibliographie
W. Bonatti, Hautes terres, éditions Guérin, 2006.|W. Bonatti, K2, la vérité, éditions Guérin, 2004.| Montagnes d'une vie, éditions Guérin. Son autobiographie d'alpiniste. | W. Bonatti, L'affaire du K2, éditions Guérin, 2001.
René Desmaison
Alpiniste français. Né à Bourdeilles, Périgord, le 14 avril 1930 - 28 septembre 2007.
René Desmaison, un conseiller technique Millet d’exception. Conseiller Technique Millet de la première heure, René a participé activement et pendant plusieurs années à la conception des sacs à dos techniques-montagne de la collection SHERPA. Ces sacs, innovant dans leur fabrication, intégraient définitivement le Nylon comme la matière phare de construction, reléguant ainsi le coton au banc des antiquités. René a été aussi l’un des moteurs des tout premiers développements textile Millet. Un produit phare longtemps présent au catalogue Millet, et dont la construction a été conservée pour les vestes d’aujourd’hui, lui est particulièrement associé: la doudoune Millet « Desmaison », en duvet d’oie français, de couleur bleue et identifiée par son logo Millet tricolore, qu’il portait si majestueusement dans la plupart de ses courses.
Son style légendaire. René Desmaison est l’une des plus grandes figures de l'Alpinisme français, avec à son palmarès, 114 premières sur un millier d'ascensions à travers le monde. Il signa d’une main de maître les lettres de noblesse du Grand Alpinisme Hivernal en neige, glace et mixte comme celles de L’Alpinisme technique rocher de haute difficulté. René marque l’histoire de la montagne par son style d’ascension majeur, fait d’engagement, de technique, de mental et d’un esprit d’alpiniste visionnaire. Les voies Desmaison ont toujours un caractère fort, elles sont toujours d’envergure, raides, sauvages, engagées et super esthétiques. Aujourd’hui encore, leurs répétitions sont affaire d’alpinistes sérieux et sacrément expérimentés !
Ses réalisations
1957 - Naissance du grand Alpinisme Hivernal dans les Alpes. Première ascension hivernale à la face ouest des DRUS / 3733m / Massif du Mont-Blanc.
1960 - Première ascension hivernale à la face nord de l'OLAN / 3564m / Massif des Ecrins.
1961 - Dans la quête de la haute difficulté, la « référence » Desmaison s’impose ! Avec André Bertrand et Yves Pollet-Villard, René effectua la première ascension du pilier oriental du PIC DE BURE. Cotée ED et présentée à l'époque comme « l'escalade la plus difficile des massifs calcaires des Alpes françaises », elle reste aujourd'hui une entreprise emblématique.
1962 - Toujours un peu plus loin, dans l’engagement en haute altitude ! Avec une expédition dirigée par Lionel Terray, René réussit en Himalaya l'ascension du JANNU -7710 m. Il avait auparavant effectué une tentative sur ce sommet en 1959, avec une expédition dirigée par Jean Franco et Lionel Terray.
1966 - Le sauvetage des Drus, un tournant dans sa carrière, marque le début de la médiatisation en montagne. A l’été, René réussi avec Gary Hemming le sauvetage audacieux de deux alpinistes allemands mal engagés dans la face ouest des Drus. Profitant de l’opportunité d’un reportage dans Paris Match et passant outre les réserves de la Compagnie des guides de Chamonix à l'égard de son initiative, René est au cœur de la polémique. Il fut radié de la compagnie…puis réintégré en 2005 !
Janvier 1968 - René Desmaison tient la France entière en haleine… Pendant 9 jours, il fait vivre en direct aux auditeurs de RTL - en première hivernale-, son ascension du Linceul en face nord des GRANDES JORASSES, grâce à deux radios de 3 kg embarquées dans les sacs à dos.
Avril 1968 - René Desmaison bouscule les codes du sponsoring. René par ses choix est à nouveau dans la tourmente des jugements: Pour une campagne publicitaire, il installe la tente BHV 4807 au sommet du Mont Blanc. Des chaises et une table sont également dépliées, pour les clichés pris d’avion. La Pub fut un succès, mais Desmaison est accusé de faire de l’argent en souillant la montagne. René argumenta les difficultés financières de son métier de guide…Et qu’il ne trouvait rien d’infamant à dresser une tente au sommet d’une montagne.
Février 1971 - Le drame des Grandes Jorasses : l'épisode douloureux d’une vie. Le 22 février, Serge Gousseault, son compagnon de cordée, meurt de froid et d'épuisement à ses côtés au terme de deux semaines passées à lutter dans la face Nord de l’Eperon Walker. L’ascension avait tourné au cauchemar : cordes gravement endommagées par les chutes de pierres, pitons manquant, vivres épuisées…Méteo apocalyptique…contact radio coupé…René Desmaison fut sauvé in extremis par un hélicoptère venu de Grenoble - une Alouette III pilotée par Alain Frébault, prouvant ainsi la faisabilité de l’intervention héliportée en montagne. Très affecté par la disparition de S.Gousseault, René jugea durement la faiblesse des moyens mis en place - notamment par Maurice Herzog dirigeant alors le secours en montagne (PSHM) - pour lui venir en aide. René raconta cette aventure dans son livre « 342 heures dans les Grandes Jorasses ». Ce récit devint culte pour tous les aventuriers-alpinistes de la fin du XX siècle.
Bibliographie
R. Desmaison, La montagne à mains nues: Flammarion, 1971. | R. Desmaison, 342 heures dans les Grandes Jorasses: Flammarion, 1973. Réédition Hoëbeke, 2002. | R. Desmaison, Protégeons la montagne: Nathan, 1978. | R. Desmaison, Professionnel du vide: Arthaud, 1979. | R. Desmaison, Les Andes vertigineuses: Flammarion, 1983. | R. Desmaison, Au royaume des montagnes: Barthélemy, 1992. | R. Desmaison, Pérou-Équateur: Barthélemy, 1993. | R. Desmaison, Les grimpeurs de muraille: Roman. Hoëbeke, 2000.R. Desmaison, Les forces de la montagne: Mémoires. Hoëbeke, 2005.