Expedition
09.01.2015

Le GMHM en Patagonie, épisode 2

Nous sommes de retour avec nos experts alpinistes du GMHM, à l’assaut du Fitz Roy, enfin ! Les 5 amis ont subi les conditions météo jusqu’à présent et ils ont dû redoubler de courage et de patience pour s’adapter à ces imprévisibles changements. Cette fois, la chance leur souri… Pour l’instant !

Aux dernières nouvelles, les experts alpinistes du GMHM se réjouissaient d’une fenêtre météo de 5 jours qui leur laissait une ouverture prometteuse. C’était donc l’occasion de s’attaquer à l’objectif majeur de ce voyage, le Fitz Roy avec la voie  
« Tehuelche » : 1300m, 37 longueurs, 6b+/A0.

Mardi 9 Décembre

Une partie des troupes rejoignent d’abord le bivouac « Piedra Negra » au pied de l’Aiguille Mermoz pour une deuxième tentative sur la magnifique voie « Vol de Nuit ». Ils seront de retour au bivouac jeudi, là où le reste des troupes les rejoindront pour l’ascension du Fitz Roy.

Mercredi 10 Décembre

 

 

L’expédition pour l’Aiguille Mermoz se met en marche à 1h du matin et ils commencent à escalader la rimaye de Mermoz aux alentours de 5h. Les conditions sont bien meilleures et de belles goulottes se sont formées, cependant une mauvaise météo est annoncée pendant la nuit ce qui hâte l’expédition. 4 longueurs difficiles, des dévers athlétiques et quelques étincelles dues aux dry tooling se passeront avant que les compères n’atteignent le sommet ; avec un petit coup d’œil à gauche vers leur objectif tant convoité, le Fitz Roy qui disparait dans les nuages. Il est temps de rentrer.

Vendredi 12 Décembre

Deux jours d’attente dans le mauvais temps seront nécessaires avant de revoir le beau temps. Tout le monde est prêt, l’ambiance est électrique, les sourires sont au rendez-vous et maintenant, la patience paye !

Le départ est fixé à 23 heures, sans matériel de bivouac afin de grimper léger. La face Ouest du Fitz Roy affiche des colonnes de granit qui avec l’éclairage de la lune, prennent une dimension colossale. Le début de l’escalade s’effectue dans la neige et au fur et à mesure qu’ils se rapprochent du trait de glace, l’escalade s’avère assez exigeante.

A 4 heures, le jour se lève sur le dédale d’arêtes granitiques et de séracs suspendus au premier plan et la beauté du Hielo Continental, ce champ de glace infini, à l’arrière-plan.

 

 

Les 1000 premiers mètres passés, la partie rocheuse de l’itinéraire s’avère plutôt ludique et variée avec des dièdres, fissures et dalles. Lors du franchissement de quelques verrous verticaux, la glace et le givre rendent l’escalade délicate ; les dalles sont moins évidentes à grimper lorsqu’on a des crampons aux pieds. Le mur final offre une grimpe raide et athlétique puis un court rappel amène les 5 amis sur la brèche sommitale.

A 17 heures, c’est l’arrivée au sommet et la récompense est de taille : Une joie immense et un panorama à couper le souffle.

 

 

Cependant, il faut descendre rapidement et le choix se porte sur la voie Franco-Argentine. La fatigue s’accumule et la descente de nuit se révèle longue et laborieuse. Vers 1 heure du matin, ils arrivent à la brèche des Italiens et grelottent quelques heures jusqu’au lever du jour, avant de finir leur retour à la civilisation.

Le retour à El Chalten s’effectue en début de soirée et les compagnons sont fatigués mais heureux de cette expédition où nuits blanches, courtes fenêtres de beau temps et imprévus se sont succédés.